Herbes aromatiques
en Méditerranée

Synthèse par Émilie Laystary

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Expériences paysagères

« Tous les jours les caravanes s’en allaient cueillir des herbes aux champs… cueillies du nord au sud du Maroc… une multitude d’espèces servent à fabriquer au printemps des plats faits de mélanges d’herbes, cuites à la vapeur et assaisonnées… », lit-on ainsi dans une revue d’ethnoécologie1  décrivant les pratiques de cueillette collective d’herbes sauvages et leur utilisation traditionnelle dans la cuisine marocaine.

En 2011, un projet international de conservation a réuni des botanistes et des scientifiques du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord – l'Algérie, l'Egypte, l'Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, les Territoires Palestiniens Occupés, la Syrie et la Tunisie – dans un pari sans précédent pour assurer l’avenir de la nature dans la région.

1 - Louise Clochey et Yildiz Aumeeruddy-Thomas, De la façon de nommer aux usages des plantes adventices des cultures en pays Jbala (nord du Maroc) Relation des hommes et des femmes à l’espace agraire et à autrui, Revue d’ethnoécologie, 2017.

Faire de la botanique et herboriser ont toujours été les grandes passions de Jean-Jacques Rousseau. « Je raffole de la botanique : cela ne fait qu’empirer tous les jours, je n’ai plus que du foin dans la tête, je vais devenir plante moi-même un de ces matins », écrit-il le 1er août 1765 à son ami F.H. Duvernois.

L’art de l’herbier

L’herbier, ou collection systématique de plantes séchées et pressées, est à la fois un outil scientifique et un objet artistique. Il permet de documenter la biodiversité, d’étudier la morphologie des plantes et de transmettre le savoir botanique. Mais au-delà de sa fonction scientifique, l’herbier est aussi un support esthétique, où la disposition des feuilles, des fleurs et des racines reflète un sens de la composition et de l’observation minutieuse. Dès le XVIe siècle, les botanistes comme Luca Ghini et John Ray développent des herbiers qui sont à la fois des catalogues scientifiques et de véritables objets d’art.

herbier d’Humboldt et Bonpland, Muséum National d’Histoire Naturelle

À Paris, l’herbier du Muséum national d’histoire naturelle renferme 8 millions de plantes séchées, soit 350 ans de cueillette et pressage. Les spécialistes du Muséum livrent ici leurs conseils pour réaliser son propre herbier.

À la croisée de l’art, du design et de l’alimentation, le projet de Céline Pelcé, mené dans le cadre du programme des Ateliers Médicis, s’inscrit dans une démarche artistique basée sur le « comestible ». L’herbier culinaire de Forestis Apparatus est un répertoire des plantes sauvages comestibles repérées, cueillies et cuisinées à Guerbigny dans la Somme. Ici, « chaque page d’herbier présente une plante, une localisation pour la cueillette, une ou des recettes et des informations de saisons. La technique utilisée est le cyanotype, procédé d'impression proche de la photographie, découvert au 19e siècle en Angleterre, et largement utilisée par les botaniste ».

Source :
« Portfolio : un herbier pour la postérité ». La Géographie, 2019/4 N° 1575, 2019. p.46-51.

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